« Est-ce vraiment l’éducation positive l’antipode de l’éducation autoritaire ? Ne serait-ce pas l’éducation permissive son contraire ? « , éducation positive, éducation autoritaire et éducation permissive, on en parle ici pour détricoter le vrai du faux !

Dans un monde qui tend à plus de liberté, à moins de règles il devient compliqué de donner des codes communs à nos enfants ! Pourtant, ils doivent bien vivre tous ensemble alors essayons de nous comprendre pour mieux accepter chaque enfant tel qu’il est !

Je vous propose de faire un petit tour d’horizon des mouvances pédagogiques actuelles afin de mettre en lumière que toutes ces pédagogies ont un but commun, le bonheur des enfants !

L’éducation positive, c’est quoi exactement!

La Discipline Positive permet d’accompagner et d’encourager chez l’enfant le développement de compétences sociales  dans un esprit de respect mutuel au sein des familles, des écoles et des communautés.

Pour être plus précise, la Discipline Positive propose aux parents, aux enseignants et aux éducateurs un ensemble d’outils et une méthode ni permissive ni punitive qui permet de développer chez l’enfant l’auto discipline, le sens des responsabilités, l’autonomie, l’envie d’apprendre, le respect mutuel et  bien d’autres qualités essentielles selon l’ADFP.


Dans cette démarche, l’autorité s’exerce sans soumission, en conciliant fermeté et bienveillance.

Qu’entendons-nous par « discipline » et « positive »?

L’interprétation du mot « discipline » varient selon les personnes et les cultures. Ce mot est souvent interprété de manière négative et à juste titre puisque plusieurs définitions existent.

DISCIPLINE : Règle de conduite commune aux membres d’un corps, d’une collectivité ; obéissance à cette règle.
Du Latin, disciplina action d’instruire et discipulus, élève, celui qui suit un personnage vénéré ou une vérité. La discipline a pour vocation d’enseigner et non de soumettre à une autorité.

POSITIVE : Qui repose sur quelque chose, d’assuré, dont la réalité ne peut être mise en doute, par opposition à négatif.

Quels sont les objectifs de la discipline positive ?

Tout comportement a un objectif, celui d’atteindre un sentiment d’appartenance et de contribution à un groupe. La discipline positive va accompagner ce besoin chez nos enfants. Pour cela, elle va favoriser :

  • des comportements appropriés et constructifs de la part de l’adulte afin de permettre de développer chez les enfants un sentiment d’appartenance et d’importance de manière positive. Il est à noter que lorsque nos comportements sont inappropriés nous satisfaisons notre besoin d’appartenance et d’importance de façon négative.
  • L’apprentissage par l’expérience et la résilience. La clé de voute pour changer un comportement, est alors de permettre à l’enfant de faire des expériences différentes de celles dont résultent ses comportements actuels.
  • Le développement du sentiment d’appartenance en intégrant notre enfant dans notre quotidien et en lui permettant de contribuer, d’aider (tâches ménagères, rôle dans la classe, réunions de classes ou de famille, choix limités…)

Quelles sont les conséquences de cette éducation ?

Il y a des conséquences positives et négatives dans chaque « type » éducatif.

Sans que cette liste soit exhaustive, les conséquences positives sont :

  • La liberté de parole
  • La liberté de pensé
  • Le développement de la confiance en soi
  • Le respect des limites
  • L’empathie
  • L’adaptabilité
  • La résolution de problème
  • La collaboration/ Le travail en équipe
  • La résilience
  • Une grande confiance en son entourage
  • Une grande complicité

Les conséquences négatives sont :

  • L’affirmation de soi, l’enfant osera vous dire non
  • La prise de décision est plus longue car collégiale
  • Le self-control est à développer pour accepter les oppositions et/ou négociations.

A retenir concernant la discipline positive

Selon l’ADFP, il est fondamental de retenir trois points :

  • « Ce sur quoi vous vous concentrez, s’accroît ». Cette pédagogie vous invite à vous concentrer sur le positif.
  • « Si je veux que quelqu’un change, je dois commencer par changer moi-même ». Elle vous invite à adopter les comportements que vous souhaitez enseigner.
  • « Avoir un esprit d’ouverture permettant de voir les difficultés ou les erreurs comme des opportunités d’apprentissage ».

Qu’entendons-nous lorsque nous parlons d’éducation autoritaire !

Kurt Lewin, psychologue germano-américain, a été le premier scientifique parler de « style éducatif ». Selon lui, le style éducatif autoritaire se définit par une hiérarchie stricte entre parents et enfant. Les parents décident et sont les seuls à pouvoir prendre une décision qui concerne la famille et les enfants. En règle générale, ils ne tolèrent aucune objection. Dans ce cadre éducatif, les parents décident et les enfants obéissent aux règles imposées. S’ils ne suivent pas les règles des parents ou ne les appliquent pas à leur entière satisfaction, les enfants sont réprimandés et punis.

Dans ce mode éducatif, l’éducation n’est pas seulement stricte. Elle est souvent dépourvue d’affection. J’entends par là que les parents verbalisent peu ou pas leurs sentiments et implicitement ne permettent pas aux enfants de le faire. A ce titre, l’enfant ne reçoit que rarement un geste d’affection ou des compliments.

Quels sont les objectifs de cette pédagogie ?

Ce que l’on oublie souvent de dire, c’est que les parents plutôt « autoritaires »ont de bonnes intentions au départ. Ils incitent l’enfant à faire de son mieux pour qu’il réussisse dans la vie. Leur but est de promouvoir son ambition et de l’aider à mener une vie couronnée de succès. La problématique vient souvent de l’explication qu’ils donnent de « réussir sa vie ». Est-ce de gagner beaucoup d’argent ? D’avoir un mari/femme ? D’avoir des enfants ? Un labrador ? Est-ce que la phrase: « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » est le happy-end qu’ils attendent ?

Malheureusement ou heureusement, nous ne savons pas qui seront nos enfants. Aussi, vouloir tracer un chemin fixe et sans vagues est une douce illusion dont il faut se séparer rapidement.

Quelles sont les conséquences d’une éducation autoritaire

Il y a des conséquences positives et négatives dans chaque « type » éducatif.

Sans que cette liste soit exhaustive, les conséquences positives sont :

  • une grande discipline personnelle
  • de la rigueur
  • une autonomie affective

Les conséquences négatives sont :

  • l’incapacité à prendre des décisions : les décisions et les souhaits de l’enfant n’ont pas vraiment de valeurs et ne sont pas ou peu prisent en compte
  • la rancoeur émanant du système de sanctions-récompenses qui n’apprend rien aux enfants
  • le manque de confiance en soi car les parents sont souvent très exigeants et il est difficile d’atteindre les objectifs qu’ils attendent
  • le manque de confiance en l’autre : les règles et le contrôle sont stricts et l’enfant n’a pas confiance en son entourage
  • une basse estime de soi : la critique et la comparaison ont souvent une place dominantes dans les échanges. Le ton est souvent sec.
  • il y a peu de complicité
  • il y a peu de confiance
  • une forme de rigidité d’esprit

A retenir concernant l’éducation autoritaire

Il est important de retenir les points suivants :

  • La fermeté sans la bienveillance n’apprend pas aux enfants à être autonome et heureux
  • L’autoritarisme pur enlève toute forme d’affection dont chaque être vivant à besoin pour bien grandir
  • Investir du temps dans la bienveillance n’est pas une perte de temps mais un investissement sur l’avenir

Et l’éducation permissive, qu’est ce que c’est ?

Une éducation dite « permissive » part du principe que nous devons intervenir le moins possible dans la vie des enfants. Aussi, le principe éducatif est simple, l’enfant détient l’autorité pour décider de tout : ce qu’il doit faire, la façon dont ça doit se faire, le moment où cela doit se faire. Il n’y a aucune sanction et l’enfant n’est jamais guidé dans ses choix.

Quels sont les objectifs de cette pédagogie ?

L’éducation permissive tend à penser qu’imposer aucune limite ou règle aux enfants les empêche de faire des colères et de se rebeller. Généralement, les parents espèrent que cette méthode favorisera une relation complice et de confiance. Dans cette configuration éducative les parents espèrent que les enfants développeront plus d’autonomie et de créativité.

Quelles sont les conséquences d’une éducation permissive

Il y a des conséquences positives et négatives dans chaque « type » éducatif.

Sans que cette liste soit exhaustive, les conséquences positives sont :

  • L’adaptabilité, les enfants n’ayant aucune limite vont souvent s’adapter facilement car c’est une obligation quotidienne
  • La liberté d’exploration et de pensée
  • Une autonomie affective
  • La créativité

Les conséquences négatives sont :

  • Les parents subissent les humeurs des enfants
  • La marginalisation des enfants. Le non existe partout dans notre société. Ne pas vouloir frustrer son enfant en évitant de lui imposer un « non » pose le problème de l’intégration sociale et du respect des limites de l’autre.
  • Le refus de la norme et des valeurs qui l’entourent
  • Le refus de faire des efforts, le manque de détermination et de persévérance
  • L’éloignement de la complicité recherchée car les parents subissent voir appréhendent les colères et les fluctuations d’humeur des enfants
  • L’impossibilité de créer des liens sains dans et en dehors du noyau familial.
  • Une mauvaise perception de la réalité.
  • Un tempérament provocateur. L’absence de limite peut amener l’enfant à penser que les parents manquent de considération.
  • L’égoïsme et l’égocentrisme

A retenir concernant l’éducation permissive

Il est important de retenir les points suivants :

  • La permissivité ne permet pas aux enfants de comprendre le monde qui les entoure. Votre enfant ne vivra pas toujours avec vous. Alors, je vous invite à lui apprendre avec bienveillance que les règles ne sont pas là pour les embêter mais pour réguler une vie en collectivité.
  • La permissivité exclusive est anxiogène pour les enfants. L’absence de règles et de limites « insécurise » les enfants car tout est fluctuant.
  • La sécurité affective vient aussi de la régularité de l’accompagnement que vous proposez à votre enfant sans cela votre enfant souffrira de carences affectives.

Mon avis sur le sujet

En conclusion, il faut retenir que les extrêmes sont à bannir. La permissivité à outrance et son manque de limites est tout aussi dangereuse que l’autoritarisme. Il n’existe pas une pédagogie meilleure qu’une autre pour élever nos enfants. Néanmoins, nuancer avec de la fermeté et de la bienveillance semble être un chemin respectueux pour tout le monde. A vous de placer le curseur du niveau de fermeté et de bienveillance que vous souhaitez appliquer. Il existe de mauvais parents mais la plupart d’entre nous faisons de notre mieux avec notre passé et notre propre éducation. Votre personnalité, la personnalité de vos conjoint(e), la personnalité de votre ou vos enfants, vous fera opter pour une pédagogie ou une autre. La plupart du temps, nous piochons ce qui nous convient dans chacune d’entre elle et nous laissons le reste. Le plus important finalement est de garder une cohérence globale pour le bien-être de tout le monde.

Je crois qu’il est fondamental de garder l’esprit ouvert et de respecter en tout temps ses besoins et ses limites. Le bonheur de se trouve pas, il se construit. Il en va de même pour une éducation bienveillante et sereine.

Je vous invite à explorer et à chercher ce qui vous convient le mieux à vous et à vos enfants afin de construire votre bonheur familial.



En savoir plus sur Parent Bancal Parent Normal

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture