Nous avons souvent tendance à vouloir mettre beaucoup de mots lorsque nous nous adressons à un enfant comme pour lui démontrer que nous avons forcément raison. Pourtant, ils entendent moins nos mots que nos actions ! Que pensez-vous de cette phrase : parlez moins, agissez plus ?

Pourquoi vouloir enlever les mots alors qu’ils sont un magnifique vecteur de communication ?

Simplement parce que nous avons souvent tendance à minimiser l’impact de ces derniers lorsqu’ils sont mal utilisés !

Comprendre l’impact des mots pour pouvoir mieux les utiliser et intégrer les gestes et l’exemplarité comme étant des « facilitateurs » !

On m’a souvent dit : »mais comment veux-tu que je lui explique si je ne parle pas ? ». Ma réponse en substance a toujours été la même : »En agissant ! En montrant l’exemple ! En accompagnant le geste sans le faire à la place de l’enfant! ». Il existe de nombreux moyens de parvenir à accompagner nos enfants sans parler à outrance. Le but de cet article n’est pas de vous inviter à ne plus parler avec eux mais simplement à vous permettre de vous interroger sur les conséquences des mots.

La communication est très importante pour le développement de nos tout-petits. Les mots permettent de rassurer, d’échanger, de comprendre et de se faire comprendre. Je souhaite aujourd’hui m’attarder sur les mots qui deviennent des maux !

Le poids des mots sur les maux ! Le stress, vecteur de ralentissement ! Crier, humilier ou punir, quels conséquences ?

Les petits enfants ont une soif immense de connaissance et ont une curiosité de tout ce qui se passe. Ils sont toujours en demande de plus de culture et de stimulations intellectuelles.

Or souvent, l’enseignement se fait dans le stress et/ou dans les cries même avec vous. Je sais qu’il est difficile d’attendre 10 minutes par chaussure le matin pour laisser votre enfant s’habiller seul.

Le problème est que le fait de stresser ou crier provoque une réaction physiologique chez votre enfant (et chez vous aussi d’ailleurs). Dans ce contexte le corps va sécréter du « cortisol » qui est l’hormone de stress. Cette hormone mettra 5h à se dissoudre complètement dans le corps. Durant tout ce laps de temps, elle va abîmer les neurones. Toutes les études neuroscientifiques ont démontré qu’on n’apprend pas par la peur, les enfants mémorisent très mal quand leur cerveau est envahi par le cortisol.

Cris, punitions, menace, chantage, humiliations, critiques sont des facteurs de stress et de peur.

La peur et le stress sont donc à bannir dans la relation adultes/ enfants.

D’autant plus que nous savons que les mots sont bien plus durs à retenir que les gestes. ll est tellement facile de lancer un : « tu me fatigues », à nos enfants ! Je ne minime pas le fait que ce soit vrai, vous êtes fatigué ! Néanmoins, vous apprendrez avec le jeu du « Je » (lien de cet outil ici) que l’enfant retiendra mieux la phrase « s’il te plaît, arrête ! Je suis fatigué(e) » !

Apprendre à utiliser moins de mots mais des mots plus justes ! Voici un outil redoutable pour votre bien être familial !

Attention, ne culpabilisez pas ! Vous aurez encore des moments où le fait de crier vous semblera être la meilleur solution ! Néanmoins, si cela arrive moins fréquemment grâce à des solutions simples, ça peut être intéressant non ?

Agir à la place de parler, d’accord ! Mais comment et dans quel contexte ?

Dans quel contexte ?

Sans que cette liste soit exhaustive, voici quelques exemples de situations où vous pouvez agir au lieu de parler :

  • Dans les situations de conflit. Nous avons souvent tendance à vouloir imposer nos choix aux enfants. En grandissant, ces derniers sont moins enclin à accepter cet état de fait. Cela paraît logique pour un adulte en devenir. Et si vous acceptiez l’idée que le fait qu’il s’oppose est une merveilleuse opportunité d’apprendre à s’affirmer ? Bien sûr, je ne dis pas que cela doit se faire en tout temps ! Mais si vous permettez à votre enfant d’avoir raison lors de conflits, vous lui permettez implicitement de comprendre qu’on ne peut pas toujours avoir raison ! Essayez , c’est assez magique !
  • Dans les situations qui permettent de remplacer les cries et le stress par des routines.
  • Dans les situations où vous utilisez le chantage. Le chantage, cette arme parental est dans le top trois de notre système éducatif occidental : « Si tu manges tes légumes, tu auras un dessert ! »; « Si tu es sage, le Père Noël sera généreux »! Aie, aie, aie ! Nous pouvons faire mieux que cela ! Non ?
  • Le soir pour aller se coucher. Je crois que c’est un moment charnière où tous les parents du monde ont perdu patience au moins une fois (ou cent fois) !
  • Pour s’habiller : »On voudrait bien faire de l’éducation positive, mais sérieusement le matin, il met vraiment trois plombes pour s’habiller !! Je n’ai pas le temps ! ».
  • Pour manger, se laver et toutes les actions répétitives quotidiennes.

Quelles solutions ?

  • Les routines. Nous en avons déjà parlé dans l’article « des routines ». Elles permettent à vos enfants de mieux appréhender le déroulement de leurs journées. Ils peuvent ainsi anticiper ce qu’il va se passer et donc être moins sensible aux fluctuations exceptionnelles.
  • Le temps d’échange en famille. Le TEF, entendez “Temps d’échange en famille”est un merveilleux outil pour accompagner vos enfants et votre quotidien. Et si on cherchait à plusieurs la solution à notre problème familial ? Le but de cet outil va être d’organiser ce moment d’échange afin qu’il se déroule le mieux possible. Le support papier proposé vous donnera une base de travail pour explorer cet outil. 
  • L’outil les besoins et les limites. Apprendre à vous connaitre et à connaitre ce qui vous fait réagir négativement est un bon moyen d’agir. Vous pourrez grâce à cet outil prévenir votre montée de colère.
  • Le vase. Cet autre outil, vous permettra de vider voter vase « négatif » de manière journalière ou hebdomadaire.
  • La feuille de brouillon. Cet outil vous permettra de comprendre que même si vous réparez une blessure, il restera toujours une trace, une cicatrice. Prendre conscience que les mots peuvent laisser des maux bien plus grands qu’une blessure physique est important à mon sens.
  • Les cartes dominantes. Cet outil vous permettra de comprendre le trait de caractère dominant de chacun d’entre vous et donc de mieux les conjuguer pour tendre vers une harmonie familiale.
  • Le jeu du « je ». Apprendre à parler de soi pour ne pas faire porter la responsabilité de notre fatigue, de notre humeur à l’autre est un excellent moyen d’accompagner votre famille et vos enfants.

Quelques livres pour vous inspirer 🙂

Laurence Salaün est l’auteur des ouvrages : « A la maison, il y a des règles !, A l’école, il y a des règles ! »(Seuil jeunesse) et de plusieurs ouvrages chez Mila éditions, illustrés par son mari Gilles Rapaport. Gilles Rapaport a suivi les cours de l’Union Centrale des Arts Décoratifs. Il travaille dans la presse (Le Monde, Libération, Marianne, Lire…), l’édition et la communication depuis plus de vingt ans. D’un trait rond, malicieux, tendre et très fort à la fois, il a illustré une quinzaine d’albums destinés à la jeunesse, publiés chez Circonflexe, Mila, L’Ecole des loisirs, Albin Michel, Nathan et Sarbacane. Au Seuil jeunesse, il a illustré Le Gros Ralbum de tous les y en a marre (texte d’Elisabeth Brami, 2013), Mon grand-père (texte de Christine Schneider, 2014), A la maison, il y a des règles !, (2014) et A l’école, il y a des règles ! (2015). Laurence Salaün et Gilles Rapaport vivent à Paris.

Maman ne crie pas! Comment obtenir d’excellents résultats avec vos enfants sans avoir à crier tout le temps.

Vous souhaitez obtenir d’excellents résultats avec peu d’efforts? Voici quelques conseils et stratégies pratiques et utiles pour gérer facilement votre relation avec votre enfant. Si vous n’êtes pas familier avec la théorie des 80% de résultats avec 20% d’efforts, vous l’aimerez tout de suite! Les théories ne suffisent pas, optez pour des stratégies faciles et pratiques. Vous trouverez de nombreuses idées et solutions concrètes qui vous aideront au quotidien sans utiliser les gronderies ou les châtiments corporels: vous verrez comment cela changera pour le mieux votre relation avec votre enfant.

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