Les conflits dans une famille sont inéluctables. Cependant, des outils existent pour pouvoir les anticiper, les gérer et les réparer si cela arrive. Si cela vous intéresse de travailler sur ce point, vous êtes au bon endroit ! On vous propose aujourd’hui l’outil : Les 3 S de la dispute et les 3 R de la réparation.

Chercher à ne jamais avoir de disputes au sein de son cocon familial reviendrait à essayer d’étouffer les émotions des uns et des autres ?
Se confronter, ne pas être d’accord ou simplement échanger nos opinions est un bon vecteur de développement tant au niveau de l’enfance que lorsque nous sommes adultes.
Encore faut-il savoir gérer un conflit sans que cela déborde. Et si cela arrive, s’équiper d’outils pour réparer la blessure émotionnelle de votre enfant.
Selon Hélène Romano dans son livre « Blessures d’enfance et mémoire traumatique », Cairn, 2015 et Lise Bourbeau dans « Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même », 2000, une blessure émotionnelle se définit comme suit :
Une souffrance émotionnelle est une conséquence d’une mauvaise expérience que vous avez vécue dans votre passé. Généralement, cette douleur se construit lorsque vous êtes enfant et vous prenez conscience de son existence dans votre vie d’adulte.
Il existe 5 blessures émotionnelles à savoir :
- La peur d’abandon
- La blessure de rejet
- Le sentiment d’injustice
- La douleur de trahison
- La souffrance d’humiliation
Ces blessures de l’enfance peuvent prendre forme dès votre naissance jusqu’à l’âge de 7 ans environ.
Les sources des blessures émotionnelles en quelques mots
Une blessure émotionnelle peut provenir de différentes origines en fonction des expériences que vous avez vécues et des séquelles qu’elles ont causées. Les 4 causes principales qui peuvent provoquer une blessure de l’âme :
- Cause n°1 : La famille
- Cause n°2 : Les moqueries
- Cause n°3 : Un traumatisme pendant l’enfance
- Cause n°4 : Un manque d’affection
L’une des principales causes d’une épreuve émotionnelle concerne la famille. En effet, ces blessures proviennent de votre enfance et sont souvent liées à vos parents, vos proches et votre éducation. Les premières moqueries viendront avec la famille et l’école.
Ce petit récapitulatif a simplement vocation à votre permettre de prendre conscience du poids de vos mots sur les maux de vos enfants et non à vous culpabiliser.

Les bienfaits d’une dispute
Nous avons souvent tendance à penser qu’une dispute entre enfants est négative. Pourtant, cette action si on la laisse se dérouler peut être riche en enseignement. Mimamoru est le nom d’une pratique japonaise qui peut sembler contre-intuitive en matière d’éducation. Elle consiste en quelque sorte à “enseigner en regardant”, c’est-à-dire à laisser intentionnellement les enfants gérer eux-mêmes leurs désaccords sans l’aide des adultes, dans l’idée qu’ils en tirent des bénéfices.
Attention cependant à ne pas se tromper de chemin, le Mimamoru ne veut pas dire que vous devez laisser les enfants s’entretuer. L’éducateur ou le parent finit en général par intervenir s’il estime que les préjudices physiques sont supérieurs aux bénéfices d’apprentissage pour les enfants.
Les trois grandes caractéristiques du Mimamoru :
● une intervention temporaire et minimale pour réduire le risque immédiat de blessures physiques ;
● ne pas intervenir (le fait de ne pas s’immiscer dans les disputes) pour encourager les enfants à résoudre leur problème seuls ;
● la “non-présence”, ou le fait de laisser les enfants seuls une fois qu’on a vu qu’ils parviendraient à régler leur dispute sans action d’un adulte.
Le fait de choisir une de ces trois caractéristiques plutôt qu’une autre dépend surtout de l’éducateur/parent, qui doit à la fois faire preuve de patience, d’observation et de confiance envers les enfants.
Les 3 S de la dispute et les 3 R de la réparation, qu’est ce que c’est ? Commençons par les 3 S de la dispute : la discipline positive applique ce même principe

Les 3 S de la dispute, de quoi s’agit-il ?
Lorsqu’une dispute « éclate » au sein de votre famille, Lynn Liott et Jane Nelsen vous proposent ces trois alternatives pour la gérer :
- Sortez : avec cette première solution, le parent s’assure que les enfants l’ont bien vu et sort simplement de la pièce sans un mot. Le but ici est de faire comprendre aux personnes qui se disputent que vous ne souhaitez pas intervenir et que cela est volontaire. Cela leur permettra de chercher des solutions par eux-mêmes et de développer cette capacité de résolution de conflit.
- Supportez-les : avec cette solution le parent reste là et observe la scène sans participer à cette dernière de quelque manière que ce soit. Le but de cette solution est de permettre aux acteurs de la dispute de comprendre que vous ne souhaitez pas intervenir dans cette dernière. Cela leur permettra également de chercher des solutions par eux-mêmes et de développer cette capacité de résolution de conflit.
- Sortez-les : avec cette dernière solution, elles proposent de sortir les responsables de la dispute sans distinction et sans donner son avis. Vous pouvez en effet ne pas être d’accord de supporter cette dispute et demander aux acteurs de sortir de la pièce pour se calmer ou de se séparer temporairement.
Vous l’aurez compris, les 3S de la dispute permettent de prendre conscience qu’agir en ne disant rien, aura plus d’impact positif que d’essayer de solutionner à la place des acteurs de la dispute au risque de blesser, d’utiliser des mots qui dépassent votre pensée ou de créer un sentiment d’injustice.
Attention , l’idée ici n’est pas de créer une blessure d’abandon en ignorant complètement les enfants ou les adultes acteurs de la dispute. Le but est simplement de signifier votre volonté d’attendre de l’apaisement pour intervenir.
Bien sûr, vous disposez d’autres outils pur gérer les conflits avec vos enfants ou les conflits au sein d’une fratrie.
Les 3 S de la dispute et les 3 R de la réparation : continuons avec les 3R de la réparation, qu’est ce que c’est ?
Le but de cet outil et de trouver un moyen d’apprendre de ses erreurs. Les 3 R de la réparation ont vacation à atteindre ce but. Pour selon la DP (discipline positive) propose :
- La reconnaissance : « Oups, j’ai fait une erreur! ». Que vous soyez un adulte, n’implique pas que vous ayez toujours raison. Reconnaitre vote erreur permettra de faire comprendre à votre enfant qu’il n’a pas à agir toujours parfaitement et que se tromper est une chose normal dans un processus d’apprentissage. Cela lui permettra également de comprendre que ce processus d’apprentissage peut se faire à tout âge.
- La réconciliation : « Excuse-moi ». Savoir s’excuser c’est admettre que nous ne sommes pas parfait et que cela est parfaitement normal.Cela va permettre à votre enfant à s’excuser également lorsque son comportement est inapproprié.
- La résolution : « Trouvons une solution ensemble ». Impliquer tous les acteurs de la dispute dans la résolution du problème et donc dans la recherche de solutions est un excellent vecteur d’apaisement et d’adhésion.
Les autres outils que vous pouvez utiliser sont les suivants :
- Le TEF (temps d’échange en famille) que vous pouvez trouver ici !
- La roue des choix
- Un brainstorming « solutions »

Quelques livres pour vous inspirer 🙂
La dispute
L’ours Beau-Museau et le lapin Longues-Oreilles sont les meilleurs amis du monde.Ils partagent tout et habitent le même terrier sous la butte.
Un jour,ils découvrent une étrange chose brillante qui renvoie à chacun son reflet.
Ils se disputent et s’arrachent le bizarre objet,tant et si bien qu’ils finissent par le déchirer.Furibonds,ils s’en vont chacun de leur côté.
Mais ils s’ennuient tout seuls…Comment faire pour redevenir amis?


La brouille
Comment deux lapins qui étaient voisins devinrent amis sans cesser de se disputer ?
Un livre de l’école des loisirs à lire sans modération.
La petite mauvaise humeur
Quand Pit rencontra Pat, il eurent tout de suite envie de faire un bout de chemin ensemble. Il s’entendaient si bien… Qu’ils devinrent inséparables ! Leur embarcation était juste assez grande pour deux. La vie était joyeuse et douce. Rien ne pouvait leur arriver ! Mais, petit à petit, le voyage devint monotone.
Pit et Pat s’entendaient moins bien. C’est ainsi que s’installa entre eux une petite mauvaise humeur… Qui se mit à grossir, grossir. La mauvaise humeur devint si grosse que tout à coup l’embarcation se brisa !
Comment faire pour se retrouver ? Chacun prit le problème par un bout et se mit à défaire chaque noeud, un par un, très délicatement. Ce n’était pas facile. Il leur fallut du temps. Mais quand Pit et Pat se retrouvèrent, ils étaient si contents, que cela fit complètement disparaître la petite mauvaise humeur !

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